La Dépendance et le 5° risque
Last Updated (Tuesday, 01 June 2010 07:26) Monday, 31 May 2010 10:41
Prévenir c'est guérir. Hélène Gisserot, chargée d'un rapport sur les perspectives financières de la dépendance des personnes âgées à l'horizon 2025, préfère avertir la société des risques liés à l'évolution de la démographique. Des actions à entreprendre immédiatement.
La question de la dépendance relève-t-elle aujourd'hui de l'urgence?
D'un strict point de vue démographique, il n'y a pas urgence. On peut en effet considérer que le nombre de personnes âgées dépendantes devrait croître en moyenne de 1% par an jusqu'en 2025. Une évolution que les financements affectés à la dépendance devraient peu ou prou être en mesure d'absorber. Cette progression devrait s'accélerer ensuite avec l'arrivée à 75 ans du baby boum. Dans ces conditions ne pas prévoir, c'est promettre à l'ensemble de la société une confrontation brutale avec la réalité à échéance. Il y a donc véritablement urgence à anticiper.
En quoi ce qu'on appelle le "5° risque" peut -il être un levier d'innovation ?
Il appelle un modèle économique jusqu'alors inédit dans notre système social. Nous savons que l'on ne pourra pas tout attendre de la dépense publique. Le cinquième risque doit donc conjuguer un socle de solidarité nationale, d'une part, et une contribution complémentaire des personnes, d'autre part. Il y a encore trois ans, cette seule idée d'un schèma mixte de financement suscitait de grandes résistances. Aujourd'hui, elle est communémenent admise. Mais surtout, elle se démarque du modèle de la Sécurité Sociale fondé sur l'universalité et l'uniformité des prestations. Car la gestion de la perte d'autonomie suppose nécessairement des prestations personnalisées, adaptées à la situation particulière de chaque individu, tant du point de vue de sa santé que de ses revenus. On peut ici parler véritablement d'innovation.
Comment impliquer les personnes dans le financement de la dépendance ?
Il faut être réaliste, il est peu probabe que l'on parviendra à impliquer les jeunes. Mais il serait sans doute pertinent d'instituer un système obligatoire de cotisation à partir de 50 - 55 ans. On tablerait ainsi sur une période de cotisation de 25 à 30 ans, ce qui permettrait des niveaux de cotisations raisonnables. Par ailleurs, une réflexion doit être engagée sur le transfert des points acquis dans le cadre des contrats collectifs d'entreprise, qui sont aujourd'hui perdus dès lors que l'on quitte l'entreprise.
Hélène Gisserot est née le 11 mai 1936, diplomée de sciences Po Paris, licenciée en droit et ancienne élève de l'école nationale d'administration. Au sortir de l'ENA, elle intégre la Cour des Comptes, où elle ménera l'essentiel de sa carrière. De 1986 à 1988, elle est nommée déléguée à la condition féminine. En 1993, elle est la première femme Procureur Général près la Cour des Comptes. Elle est commandeur de l'Ordre National du Mérite.






